Tu reçois deux ou trois devis pour ton site. L'un parle de Next.js et de "full code", l'autre de WordPress avec Elementor, le troisième de Shopify clé en main. Les prix ne sont pas comparables, les promesses non plus. Voilà comment trier honnêtement, en partant de ce que ton site doit faire vraiment, et pas de ce qui fait le buzz.
Le critère qui décide vraiment : qu'est-ce que ton site doit faire ?
Le choix de stack ne dépend ni de la mode ni du budget, mais du type de contenu que ton site va servir. Trois grandes familles couvrent l'essentiel des projets PME : la vitrine éditoriale (présenter une activité, capter des contacts, asseoir une autorité), le catalogue dynamique (immobilier, annuaire, base de connaissances qui s'empile), et la boutique en ligne (vendre directement, encaisser, expédier). Chaque famille favorise une stack différente, et c'est presque le seul critère qui compte vraiment.
Une vitrine de 5 à 30 pages éditée tous les 15 jours, c'est l'archétype pour le full code Next.js (ou pour un WordPress très light). Un site avec un fil d'articles publiés chaque jour par 3 ou 4 rédacteurs internes, c'est WordPress. Une boutique avec plus de 50 références, du stock à jour, des taxes par pays et une équipe sans dev, c'est Shopify (ou WooCommerce sur WordPress, selon le contexte).
Avant même de regarder les devis, pose-toi la question : dans 18 mois, qui va éditer mon site, à quelle fréquence, et pour quel type de contenu ? La réponse oriente 80% du choix. Le reste (perf, coût, SEO) découle.
Full code Next.js : pour qui, à quel prix sur 3 ans ?
Next.js, c'est un site écrit en code par un développeur, sans CMS visible côté visiteur. Les pages sont pré-générées au build et servies depuis un CDN, sans serveur PHP à entretenir. La conséquence directe : un site rapide par construction, sécurisé par défaut (pas de back-office à pirater, pas de plugin à patcher), avec une facture d'hébergement souvent nulle ou autour de 20€/mois sur Vercel ou Cloudflare Pages.
Pour qui ça marche bien : vitrine de 5 à 30 pages, contenu qui change rarement (1 ou 2 mises à jour mensuelles), où le SEO et l'image de marque comptent plus que le volume de publications. Cas typique : indépendant ou TPE qui veut un site rapide, durable, et qui reflète son sérieux. Des exemples de projets en Next.js sont visibles sur le site.
Pour qui ça ne marche pas : équipe qui doit publier 3 articles par semaine sans solliciter un dev. Sauf à brancher un CMS headless (Payload, Strapi, Sanity), ce qui rajoute de la complexité et un coût initial. Et pas non plus pour une boutique de 200 produits avec stock temps réel : ce n'est pas le bon outil.
Côté budget initial, on est plutôt sur 5 000 à 15 000€ pour une vitrine pro selon le périmètre. Plus cher au démarrage, donc, mais sur 3 ans la facture totale (hébergement, maintenance, refonte) reste basse. Le détail technique est expliqué sur la page site rapide et durable.

WordPress : la grosse machine éditoriale (et ses points de friction)
WordPress reste le CMS le plus utilisé au monde, avec 35,6% des sites web mesurés en 2024 selon le Web Almanac d'HTTP Archive. Sa force : l'édition de contenu par des non-techs. Un rédacteur publie un article, change une image, crée une catégorie, sans toucher au code. L'écosystème de plugins couvre à peu près tous les besoins (multilingue, formulaires, membership, WooCommerce pour la boutique), ce qui en fait le bon outil quand une équipe interne doit gérer un volume éditorial soutenu.
Pour qui ça marche bien : magazine d'entreprise, gros catalogue éditorial (école, mairie, association), site avec besoin d'un plugin spécifique mature (LMS pour la formation, multi-utilisateurs avec rôles fins). Et quand le budget initial doit rester sous 3 000€.
Les points de friction sont connus. La performance moyenne reste tiède : en 2024, 40% seulement des sites WordPress passent les Core Web Vitals sur mobile, contre 60% pour Squarespace et 57% pour Wix dans la même étude HTTP Archive. Ce n'est pas une fatalité (un WP très bien tenu peut être rapide), mais c'est ce qu'on observe sur le parc réel. Ensuite, les plugins créent des dépendances fragiles : un plugin abandonné, et c'est une faille de sécurité ou une fonctionnalité cassée. Enfin, une refonte sérieuse revient tous les 2 à 3 ans, ne serait-ce que pour suivre les mises à jour majeures du thème.
Sur 3 ans, l'hébergement décent (mutualisé ou VPS) tourne entre 500 et 3 000€, hors plugins payants et maintenance.

Shopify : l'e-commerce clé en main (et son coût total)
Shopify est conçu pour vendre, point. Catalogue, paiement, stock, expédition, taxes par pays, abandon de panier : tout est intégré, et l'équipe métier gère 90% du quotidien sans dev. C'est le bon choix dès qu'il y a plus de 50 références produit, du stock qui bouge en temps réel, et personne en interne pour superviser un développeur. La plateforme pèse environ 10% du marché global du e-commerce avec 4,8 millions de boutiques actives selon BuiltWith.
Le coût n'est pas neutre. Les plans publics 2026 en France (HT, facturé annuellement) tournent autour de :
- Basic : 25€/mois
- Grow : 66€/mois
- Advanced : 289€/mois
- Plus : 2 100€/mois (engagement 3 ans)
À cela s'ajoutent les commissions sur ventes. Avec Shopify Payments, on est entre 2,9% + 30¢ (Basic) et 2,5% + 30¢ (Advanced) par transaction. Avec un processeur tiers comme Stripe, Shopify prélève en plus une commission propre de 2% (Basic), 1% (Grow) ou 0,6% (Advanced). Sur une boutique qui fait 100 000€ de CA annuel en plan Basic avec un proc tiers, ça représente environ 2 000€ de plus par an, sans compter Stripe.
L'autre coût caché : le lock-in. Sortir d'une boutique Shopify, c'est une vraie migration (export des produits, refonte du front, redirections SEO, perte d'historique). Si tu vises plutôt un site vitrine, ce repère prix global est disponible sur la page tarifs.

Le tableau de synthèse, critère par critère
Une fois mis à plat, voilà comment ces 3 stacks se positionnent sur les critères qui pèsent vraiment dans un choix PME. Les fourchettes sont indicatives et dépendent du périmètre exact.
Critère | Next.js (full code) | WordPress | Shopify
- Perf out-of-the-box : Excellente par défaut (Next.js) — Tiède, 40% pass CWV mobile (WordPress) — Bonne (Shopify)
- Coût initial : 5-15k€ vitrine (Next.js) — 1-5k€ (WordPress) — 0-3k€ thème (Shopify)
- Coût hébergement 3 ans : 0 à 700€ (Next.js) — 500 à 3 000€ (WordPress) — 900 à 10 800€+ (Shopify)
- Autonomie édition équipe : Faible sauf CMS headless (Next.js) — Excellente (WordPress) — Excellente (Shopify)
- Lock-in : Aucun, le code t'appartient (Next.js) — Faible (WordPress) — Fort, export = migration (Shopify)
- SEO technique : Excellent par construction (Next.js) — Variable selon thème et plugins (WordPress) — Bon (Shopify)
- Compatible IA générative : Très bon, contrôle direct du code (Next.js) — Plugin-dépendant (WordPress) — Limité aux APIs Shopify
Lecture rapide : si ton site est une vitrine qui doit briller en SEO sur 5 ans, Next.js. Si ton équipe publie quotidiennement, WordPress. Si tu vends en ligne sans dev en interne, Shopify. Les cas mixtes (vitrine + petite boutique) penchent souvent vers WordPress + WooCommerce ou Next.js + Stripe/Snipcart selon la profondeur de catalogue.
À lire ensuite
- Site WordPress lent : que faire avant de tout refaire ?
- React Server Components : ce que ça change pour ton site
FAQ
Quel budget prévoir selon le choix ?
Une vitrine Next.js pro tourne entre 5 000 et 15 000€ en initial, puis 0 à 700€ sur 3 ans en hébergement. Un WordPress équivalent : 1 500 à 5 000€ en initial, 500 à 3 000€ sur 3 ans pour l'hébergement et la maintenance. Shopify : 0 à 3 000€ de thème, puis 25 à 289€/mois selon le plan, plus les commissions sur ventes. Ces fourchettes excluent la rédaction de contenu et les visuels.
Puis-je migrer plus tard si je me trompe de stack ?
Oui, mais pas gratuitement. Une migration WordPress vers Next.js (ou l'inverse), c'est entre 3 000 et 10 000€ selon la profondeur de contenu et le travail de redirection SEO. Quitter Shopify coûte plus cher parce qu'il faut refaire le front et basculer le moteur e-commerce, donc compter le double. Mieux vaut bien choisir au début, même si rien n'est définitif.
Que devient mon SEO si je change de stack ?
Bien géré, il ne bouge presque pas. Les redirections 301 propres conservent 95% du jus, à condition de préserver les URLs (ou de mapper chaque ancienne URL vers la nouvelle), les balises principales, et la structure des contenus. Mal géré, on perd 30 à 60% du trafic organique en 3 mois. La règle : on ne change pas de stack ET d'arborescence en même temps.
Et le headless CMS dans tout ça ?
C'est un compromis intéressant : tu gardes un front Next.js rapide, et l'équipe édite dans un back-office propre (Payload, Sanity, Strapi). Coût initial plus élevé (entre 8 000 et 20 000€), mais tu cumules autonomie éditoriale et performance. Pertinent dès qu'il y a 50+ pages éditoriales à gérer par des non-techs sur un site qui doit rester rapide.
Et l'IA générative côté Shopify ?
Shopify propose ses propres outils (Sidekick, Shopify Magic) pour générer des descriptions produit, des réponses support, des visuels. Pratiques mais cloisonnés dans son écosystème. Pour intégrer un agent custom ou un workflow plus poussé, tu passes par leurs APIs avec leurs quotas et leurs limites. Sur Next.js ou WordPress, tu as la main complète sur les modèles utilisés et les coûts associés.
Sources
- Shopify : tarifs France 2026 : page officielle des plans Basic, Grow, Advanced et Plus, avec commissions Shopify Payments et tiers
- Web Almanac 2024 : CMS : étude annuelle HTTP Archive sur la part de marché des CMS et leur pass rate Core Web Vitals (5,7 millions de sites WordPress analysés)
- BuiltWith : Shopify Market Share : tracking indépendant du parc Shopify mondial (4,8 millions de boutiques actives)
- web.dev : Core Web Vitals : référence officielle Google sur les métriques LCP, INP et CLS, ainsi que leurs seuils
- Next.js : documentation officielle : référence sur le rendu hybride, l'optimisation d'images et l'App Router
